« Tellement de stress » : les Ontariens en quête de solutions à la crise du logement
Assise sur son divan, Diane Devine flatte son chien Dexter. « Il me permet de passer à travers mes journées », raconte la quinquagénaire. Depuis trois ans, elle habite dans un appartement d'une chambre non loin du centre-ville de London, qu’elle a obtenu Ne pouvant pas travailler en raison d’une blessure au dos, Mme Devine dépend de sa prestation mensuelle du Programme ontarien pour les personnes handicapées. Après avoir payé son loyer, il ne lui reste que 60 $ Je vais me coucher chaque jour inquiète de savoir si j’arriverai à manger, ou si j’arriverai même à garder cet appartement. [...] Il y a tellement de stress, nous avons besoin d’une garantie que [le gouvernement] nous aidera à garder un toit au-dessus de notre tête. George Laskaris veut acheter une maison à London mais trouve les prix trop élevés. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga Trentenaire, George Laskaris, lui, a un emploi dans le domaine de l’ingénierie depuis quelques années. Il a toutefois son lot de soucis en matière de logement. Marié récemment, il contemple l’achat d’une maison avec sa conjointe, mais cet objectif se transforme progressivement en rêve, soutient-il. On n’a pas d'espoir [...], dans le climat économique actuel, les maisons sont totalement hors de prix. Shawn Lewis est maire adjoint de la Ville de London. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga Le maire adjoint de London, Shawn Lewis, dit entendre régulièrement de tels propos. Il affirme que la Ville tente de faire sa part pour accroître l’offre de logements en accélérant l'octroi de permis de construction. Il espère que les efforts de la Ville engendreront une légère baisse du prix des maisons, même s'il craint l'impact que pourrait avoir une guerre commerciale avec les États-Unis. La crise du logement est un enjeu pour plusieurs tranches de la population, à London comme dans beaucoup d'autres villes. Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui Pour le courtier immobilier Marc Décosse, qui travaille dans la région, la baisse des taux d’intérêt qui se fait remarquer depuis quelques mois pourrait en effet stimuler la construction de nouveaux logements, qui a ralenti dans la dernière année en Ontario. Il estime que la province Pour faciliter la construction de logements, l’association ontarienne des courtiers immobiliers (OREA) demande d’ailleurs aux divers partis politiques de s’engager, entre autres, à Les municipalités perçoivent ces redevances auprès des constructeurs de nouveaux logements pour mettre en place des infrastructures comme les rues ou les égouts. Pierre Filion est professeur émérite en urbanisme à l'Université de Waterloo. Photo : Radio-Canada Selon le professeur émérite d’urbanisme à l’Université Waterloo, ces frais Mais ça ne règle pas le problème, parce que qui va payer pour les redevances d'aménagement? Il faut que quelqu’un paie pour les égouts, la construction des routes, les services de proximité. C’est la question que se pose aussi le maire adjoint de London, Shawn Lewis, qui souligne qu’aucun parti en campagne n’a encore clarifié l’appui qui serait fourni aux municipalités si ces dernières n’étaient plus en mesure de percevoir les redevances d'aménagement. Abonnez-vous à l’infolettre Ontario. Selon le maire du Grand Sudbury, Paul Lefebvre, les impôts fonciers ne suffiraient pas pour financer les infrastructures nécessaires pour accommoder les nouvelles constructions. Il réclame l'augmentation du financement provincial auquel sa ville a droit. Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo Le maire du Grand Sudbury, Paul Lefebvre, souligne que des villes comme la sienne peuvent bénéficier d’un fonds provincial destiné à financer la construction d’infrastructures dans des collectivités rurales et du Nord. La somme maximale annuelle que peut recevoir chaque municipalité est toutefois établie à 10 millions de dollars, et selon M. Lefebvre, cela représente une barrière de taille pour les villes comme la sienne, formées à l'issue d'une fusion de plusieurs collectivités. Selon l'association ontarienne des courtiers immobiliers, la construction des quadruplex de plein droit devrait être autorisée partout dans la province. L'an dernier, le gouvernement progressiste-conservateur sortant a refusé de forcer les municipalités à le faire. Certaines villes l'ont toutefois déjà autorisée. Photo : La Presse canadienne / Chris Young/La Presse Canadienne [Une hausse de la limite de financement] nous aiderait automatiquement et irait directement dans l’infrastructure pour augmenter la capacité de construire plus de logements. Les villes de Chatham, dans le Sud-Ouest de l'Ontario, et de Thunder Bay, dans le Nord, font aussi la même demande. Une augmentation des nouvelles habitations ne résoudra toutefois pas les problèmes de Diane Devine, ni ceux d’Ilse Grills. Cette dernière, résidente de London, reçoit des prestations du Programme ontarien des personnes handicapées. Étant donné la flambée des prix des loyers, elle a dû faire une croix sur l’idée de vivre seule avec sa fille de neuf ans. Faute de moyens financiers, les deux ont dû emménager dans une maison qu’elles partagent avec trois autres personnes et payer le loyer demeure un défi, note-t-elle. Il y a des moments où je crains de me retrouver dans la rue en raison d’une rénoviction. Ilse Grills aimerait que le contrôle des loyers soit appliqué à tous les logements locatifs. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga Elle réclame le retour d’une politique Mme Grills souhaite également une réforme de la Commission de la location immobilière, qui fait l’objet de critiques depuis plusieurs années au sujet des temps d’attente avant d’obtenir une audience. Ilse Grills dit aussi souhaiter la construction de plus de logements sociaux pour les personnes à faible revenu. Comme ailleurs dans la province, les listes d’attente pour un logement social à London se sont significativement allongées dans les dernières années. Le maire adjoint Shawn Lewis signale toutefois que les villes comme la sienne peinent toutefois à maintenir les logements existants en bon état. Le financement qu’on reçoit de la province n’a pas changé depuis plusieurs années. J’aimerais que les partis provinciaux s’engagent à réviser ces chiffres et les ajuster aux réalités d’aujourd’hui.par pure chance
après avoir dû quitter son logement précédent que le propriétaire disait vouloir rénover. pour tout le reste, comme l’électricité et la nourriture
.


pourrait donner des rabais aux constructeurs, ce qui va peut-être aider
. Réduire les redevances d'aménagement ?
limiter les redevances d'aménagement
.
réduisent le marché pour l’habitation nouvelle
que ce soit à Windsor, à Hamilton ou même dans le Nord de l’Ontario.Alors, si on les enlevait, ça ferait en sorte que l'habitation coûterait de 15 à 30 % moins cher et ça augmenterait dans une certaine mesure le marché d’acheteurs potentiels de cette habitation-là
, explique-t-il.Nous avons besoin d’un engagement des partis sur ce sujet en particulier.
Infolettre Ontario


On était sept municipalités, donc si on avait eu à l’époque le programme qu’on a aujourd’hui, on aurait pu avoir [collectivement] jusqu’à 70 millions. [...] On ne demande pas de défusionner, mais en même temps, ce n’est pas juste et pas équitable pour une ville comme la nôtre
, affirme-t-il.Expansion du contrôle des loyers

systématique
de contrôle des loyers. Cette politique plafonne le prix des logements locatifs en Ontario, mais sa portée a été restreinte par le gouvernement Ford à son arrivée au pouvoir. Elle ne couvre plus que les logements qui étaient occupés par des locataires avant novembre 2018. Mieux financer le logement social
Nous ne voulons pas que les gens vivent dans des immeubles où l’ascenseur est constamment en panne, dans des maisons où le toit coule. Nous voulons être en mesure de gérer les problèmes de vermine
, conclut M. Lewis.
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